Suivre sa trésorerie sans tableur : les 3 chiffres qui suffisent
L'entreprise est rentable, le carnet de commandes est plein — et pourtant le compte est à découvert le 25 du mois. La trésorerie est la première cause d'insomnie des dirigeants de TPE, et le tableur censé la suivre est abandonné depuis mars. Bonne nouvelle : pour piloter, il ne faut pas un tableau de 40 colonnes. Il faut 3 chiffres, à jour.
Pourquoi le tableur échoue toujours
Tout le monde a essayé : le beau fichier de suivi, avec les formules et les onglets par mois. Il tient trois semaines. Pas par manque de sérieux — parce qu'un tableur exige une ressaisie manuelle permanente : chaque facture émise, chaque paiement reçu, chaque prélèvement. Dans une journée de dirigeant, cette ressaisie perd systématiquement contre un client à rappeler ou un chantier à suivre.
Et un tableau de trésorerie pas à jour est pire qu'inutile : il rassure à tort, ou inquiète à tort. La question n'est donc pas « quel modèle de tableau utiliser » mais comment avoir les chiffres sans les saisir.
Les 3 chiffres qui comptent
1. L'encours clients — ce qu'on vous doit, et depuis quand
Le total des factures émises non payées, avec l'âge de chacune. C'est le chiffre le plus important, parce que c'est le seul sur lequel vous pouvez agir vite : une relance bien menée transforme de l'encours en cash en quelques jours. Un encours qui vieillit (factures à plus de 30 jours de retard) est le premier signal d'alerte — voir notre guide relancer une facture impayée.
2. Les décaissements à venir — 30 à 60 jours devant
Fournisseurs à payer, salaires, cotisations, TVA, loyers, échéances d'emprunt. La plupart sont parfaitement prévisibles — c'est leur oubli qui crée les mauvaises surprises, pas leur existence. L'échéance de TVA ne devrait jamais être une surprise : elle était connue trois mois avant.
3. Le solde projeté — la seule vraie question
Solde actuel + encaissements attendus − décaissements prévus, semaine par semaine sur 8 semaines. C'est ce chiffre qui répond à la question qui vous réveille la nuit : « est-ce que ça passe ? ». S'il devient négatif dans 5 semaines, vous avez 5 semaines pour agir — relancer, décaler un paiement, négocier. C'est toute la différence entre piloter et subir.
La routine qui tient : 10 minutes le vendredi
- Regarder l'encours clients — qui doit quoi, quelles factures vieillissent ?
- Décider les relances de la semaine suivante (2 minutes si les brouillons sont prêts).
- Balayer les décaissements des 4 prochaines semaines — rien d'oublié ?
- Lire le solde projeté — ça passe ? Sinon, choisir l'action corrective maintenant, pas dans un mois.
Cette routine ne tient dans la durée qu'à une condition : que les chiffres arrivent tout prêts. Si le point du vendredi commence par une heure de compilation, il sautera dès la première semaine chargée — comme le tableur.
Les signaux d'alerte à prendre au sérieux
- L'encours clients dépasse un mois de chiffre d'affaires — vous financez vos clients.
- Les retards de paiement s'allongent chez un client habituellement ponctuel — souvent le signe que lui-même est en difficulté.
- Le découvert devient structurel — chaque fin de mois, pas seulement les mauvaises.
- Vous retardez vos propres paiements fournisseurs pour passer le mois — le problème se déplace, il ne se règle pas.
Otto tient vos chiffres — vous prenez les décisions
Otto connaît vos factures et leurs échéances : demandez-lui « où en est ma tréso ? » dans WhatsApp et la photo arrive — encours détaillé, retards, échéances à venir. Il surveille les impayés et vous propose les relances au bon moment (rien ne part sans votre validation), et chaque vendredi, votre récap de la semaine arrive tout seul. Le point trésorerie passe de « corvée reportée » à une lecture de 2 minutes.
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