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Guide pratique — dirigeants de TPE & PME

Injonction de payer : la procédure pas à pas

Relances épuisées, mise en demeure restée lettre morte : reste la justice. Bonne nouvelle — pour une facture non sérieusement contestable, la procédure d'injonction de payer est écrite, sans audience, sans avocat, et coûte 33,47 € devant le tribunal de commerce. Voici comment elle fonctionne, étape par étape.

Pour quelles créances ?

L'injonction de payer convient aux créances qui remplissent trois conditions — elles doivent être certaines, liquides et exigibles :

Attention aussi à la prescription : une créance prescrite ne peut plus être réclamée. Et les chèques sans provision relèvent de procédures spécifiques, pas de l'injonction de payer.

💡 Si votre client conteste sérieusement la facture (litige sur la prestation, par exemple), l'injonction de payer n'est pas la bonne voie : il fera opposition et vous perdrez du temps. Dans ce cas, l'assignation en paiement (procédure contradictoire classique) est plus adaptée.

Étape 1 — Identifier le bon tribunal

Étape 2 — Déposer la requête

Deux voies :

Joignez les pièces justificatives : bon de commande ou contrat, copie de la facture impayée, lettre de mise en demeure, et le cas échéant lettre de change. C'est ici que votre discipline de relance paie : un dossier daté (relances, mise en demeure, accusés de réception) fait la différence.

Coût : 33,47 € de frais de greffe au tribunal de commerce ; gratuit au tribunal judiciaire.

Étape 3 — La décision du juge

Il n'y a pas d'audience : le président du tribunal statue sur vos seules pièces, sans entendre le débiteur. Trois issues possibles :

  1. Acceptation — le juge rend une ordonnance d'injonction de payer ; le greffe vous remet une copie certifiée de la requête et l'ordonnance revêtue de la formule exécutoire.
  2. Acceptation partielle — l'ordonnance ne couvre qu'une partie de la somme. Vous pouvez l'exécuter (en renonçant au reste) ou renoncer à la procédure et passer par la voie judiciaire classique.
  3. Rejet — sans recours possible sur la requête elle-même, mais vous pouvez engager une assignation en paiement.

Étape 4 — Signifier l'ordonnance (le délai qui piège)

L'ordonnance ne vaut rien tant qu'elle n'est pas signifiée au débiteur par un commissaire de justice — et cette signification doit intervenir dans un délai de 3 mois à compter de la date de l'ordonnance, faute de quoi elle est caduque. C'est le piège classique du dirigeant qui obtient son ordonnance… et la range dans un tiroir.

L'acte de signification comprend la sommation de payer (principal, intérêts, frais de greffe), l'information du débiteur sur son droit d'opposition, et l'accès aux justificatifs (notamment via la plateforme Mespièces.fr).

Étape 5 — Opposition ou exécution

Moins de 5 000 € ? L'alternative simplifiée

Pour les créances qui ne dépassent pas 5 000 €, la procédure simplifiée de recouvrement des petites créances est souvent plus rapide : menée directement par un commissaire de justice (sans passer par le tribunal), elle peut aboutir en un mois environ. Le commissaire invite le débiteur par recommandé à participer ; en cas d'accord sur le montant et les modalités, il délivre un titre exécutoire. Sa limite : elle repose sur la participation volontaire du débiteur — s'il refuse, retour à l'injonction de payer.

Le calendrier récapitulatif

Le meilleur procès est celui qu'on évite

Otto relance tôt, pour que vous n'arriviez jamais à l'injonction

La quasi-totalité des impayés se règle avant le tribunal — quand les relances partent tôt et escaladent avec méthode. Otto, le bras droit IA des dirigeants dans WhatsApp, surveille vos échéances et vous propose chaque relance au bon moment. Et si un dossier va au bout, votre historique complet (relances datées, mise en demeure) est prêt pour la requête. Rien ne part sans votre validation.

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